Sélectionné parmi les deux lauréats de la résidence Danse du programme Creative Up High Lab, l’artiste chorégraphe Dr Arsène Etaba a développé OYENGA, une création née d’un mot, d’une langue et d’une vision. Accueilli au Up High Lab dans le cadre de cet accompagnement dédié à la recherche et à la production chorégraphique, son projet explore les notions de solidarité, de joie et de féminité à travers une écriture contemporaine profondément enracinée dans les héritages culturels camerounais.
En langue Ewondo, Oyenga évoque bien plus qu’un terme. Il parle de solidarité, de joie, d’entraide et de féminité. Un mot qui porte en lui une manière d’être ensemble, de prendre soin les uns des autres et de célébrer la force collective. C’est cette richesse symbolique que l’artiste a choisi de traduire en langage chorégraphique.
Au cœur d’OYENGA, il y a les femmes. Non comme sujet d’observation, mais comme véritable force créatrice. Pour donner vie à cette pièce, Arsène Etaba a fait un choix artistique fort : placer les femmes au centre de chaque dimension du projet. Les interprètes Fortune Nyambe, Claire Gwem, Elise Ngo Um, accompagnées par Dj Raj et la musicienne Gwladys Messina, donnent corps à OYENGA. Chacune apporte sa sensibilité, son histoire et son énergie à une œuvre qui célèbre la solidarité et la puissance du collectif. Dans ce projet, les femmes ne sont pas seulement les interprètes d’un propos ; elles en sont les premières porteuses, façonnant le spectacle par leur présence, leur engagement et leur créativité.



La résidence a offert au chorégraphe un temps précieux pour approfondir cette recherche artistique.
À travers le mouvement, Arsène Etaba interroge les héritages culturels, les savoirs transmis de génération en génération et la manière dont ils peuvent dialoguer avec une écriture chorégraphique contemporaine. Le corps devient alors un lieu de mémoire autant qu’un espace d’invention. Les gestes puisent dans des références culturelles tout en s’ouvrant à de nouvelles formes d’expression, créant une œuvre qui relie le patrimoine vivant aux réalités d’aujourd’hui.


Parce qu’une résidence est aussi un espace de dialogue, OYENGA est sorti à deux reprises du studio pour rencontrer un premier public.
Une première répétition ouverte s’est tenue dans le quartier PK16, offrant aux habitants et aux curieux l’occasion de découvrir les premières recherches chorégraphiques de la compagnie. Dans une proximité rare avec les interprètes, le public a assisté à une étape encore en construction, découvrant les intentions de l’œuvre avant sa forme définitive.
La seconde rencontre a eu lieu au Up High Lab, réunissant artistes, professionnels de la culture, médias, amateurs de danse autour d’un temps de présentation et d’échanges. Ces moments de restitution intermédiaire ont permis à l’équipe artistique de confronter son travail aux regards extérieurs, d’écouter les réactions, de partager les enjeux de la création et d’affiner certains choix dramaturgiques et chorégraphiques.
Ces répétitions ouvertes rappellent qu’une œuvre ne naît pas uniquement dans l’intimité du studio. Elle se construit aussi dans la rencontre avec le public, dont les regards, les émotions et les échanges participent pleinement au processus de création.



En offrant aux chorégraphes un espace de recherche, d’expérimentation et de production, le programme encourage l’émergence d’œuvres qui interrogent notre époque tout en restant profondément ancrées dans les réalités culturelles camerounaises.
Au-delà de la création elle-même, cette résidence témoigne également de l’importance d’associer les publics aux différentes étapes du processus artistique. En ouvrant les portes des répétitions, OYENGA a permis de faire de la création un espace de partage, où artistes et spectateurs participent ensemble à la naissance d’une œuvre.
Avec OYENGA, La Compagnie Arsène Etaba rappelle qu’un mot peut contenir toute une histoire, qu’un geste peut transmettre une mémoire et que la danse possède ce pouvoir singulier de transformer des valeurs en émotions partagées.
Ce programme est soutenu par le Fonds Équipe France, l’Institut français du Cameroun et l’Ambassade de France au Cameroun, dans le cadre du projet Mboa Jeunes Créatifs, engagé en faveur de l’accompagnement jeunes et du développement des industries culturelles et créatives au Cameroun.