L’Expression de l’Authenticité : Arnaud Femtchou lève le voile sur les coulisses du DOMAF, du Up High Lab et du Soft Power Culturel Africain

Dans une interview exclusive accordée au média Hansy Bonne Compagnie, Arnaud Femtchou, co-fondateur et pilier de nos initiatives, s’est prêté à un exercice rare : sortir de l’ombre pour partager sa vision de la structuration culturelle, de la tech au service de l’art, et de la quête d’authenticité qui anime la jeunesse du continent.

Pour ceux qui le côtoient, Arnaud Femtchou est un travailleur de l’ombre, un partisan du résultat plutôt que des projecteurs. Pourtant, son parcours incarne parfaitement la dualité de l’Afrique moderne : informaticien et développeur de formation (diplômé entre le Cameroun et la France), il a choisi de mettre la technologie et sa passion au service de l’écosystème culturel africain.

De l’évolution historique du DOMAF à la naissance d’Up High Lab, retour sur les grands axes d’un échange riche en enseignements et en inspiration.

Du Hip-Hop au DOMAF : Le choix de l’authenticité locale

Né sous l’appellation du Douala Hip Hop Festival, l’événement phare de l’association Green Grass a opéré une mue stratégique pour devenir le DOMAF (Douala Music Art Festival). Un changement de nom loin d’être anecdotique. Comme l’explique Arnaud, il s’agissait de s’affranchir d’un code purement américain pour redonner ses lettres de noblesse à l’identité locale et englober toutes les expressions artistiques (mode, danse, arts visuels).

Revenant sur la 14e édition qui s’est tenue en novembre dernier sous le thème « Partage La Lumière, Small No Be Sick », Arnaud a rappelé l’ADN du festival : être au plus près du quartier. Le spot publicitaire de l’édition, mettant en scène le célèbre taxi jaune de Douala, illustrait cette philosophie : un espace de partage improvisé entre inconnus, un miroir de la solidarité camerounaise.

« Une seule main n’attache pas le Koki ». C’est par ces proverbes de nos terroirs qu’Arnaud rappelle l’importance de la solidarité. Qu’il pleuve ou qu’il neige, et face aux réalités économiques ou contextuelles complexes, le DOMAF maintient sa mission qui est d’offrir une scène et une voix à ceux qui en ont besoin.

Up High Lab : « Faire le High » pour structurer l’industrie

Face aux carences de formation constatées sur le terrain, la création d’Up High Lab est apparue comme une évidence. Plus qu’un simple espace, c’est un incubateur culturel pensé pour professionnaliser les talents.

D’où vient ce nom ? De l’expression camerounaise « faire le high ». Cet esprit de résilience, de challenge, qui pousse à se lever chaque matin pour arracher ce qui nous revient de droit, sans attendre que tout vienne de l’État.

Pour cette année 2026, l’appel à projets d’Up High Lab franchit un nouveau cap en sélectionnant 8 jeunes projets (répartis entre la musique, la danse, la mode et les arts visuels). L’objectif ? Offrir une incubation rigoureuse grâce à des formateurs locaux et internationaux, tout en créant des ponts de diffusion vers des festivals partenaires majeurs à travers toute l’Afrique (Gabon, Tchad, Congo, Guinée, Côte d’Ivoire…).

Professionnalisation : Le véritable défi des artistes

Le talent brut ne suffit plus. C’est le cri du cœur lancé par Arnaud Femtchou au cours de l’interview. Trop d’artistes exceptionnels restent invisibles sur le marché mondial, faute d’outils professionnels de base : absence de fiche technique, de dossier de presse ou d’équipe structurée.

« Tu peux être terriblement talentueux, mettre ta vidéo sur YouTube et ne pas dépasser 500 vues s’il n’y a pas l’environnement autour. Notre rôle, c’est d’éduquer ».

C’est dans cette optique de structuration globale que le Up High Lab impose des critères de sélection exigeants, car le professionnalisme est la seule clé pour bâtir un véritable Soft Power africain, à l’instar de ce que le Nigéria a accompli avec l’Afrobeats.

La Zone Afrique : La Tech au service des réseaux culturels

Fidèle à ses premièrs amours en informatique, Arnaud a développé La Zone Afrique (lazoneafrique.com). Conçue comme une solution macro, cette plateforme digitale permet aux festivals du continent de manager leurs projets de manière totalement professionnelle : gestion des appels à candidatures, des exposants, des budgets et de la planification d’équipes.

Au-delà de la gestion technique, La Zone Afrique agit comme le pont digital ultime, connectant des initiatives émergentes et confirmées du Gabon au Cameroun, favorisant l’échange d’expertises et la co-construction.

En route vers l’avenir

Pour Arnaud Femtchou, les barrières comme le débat « ancienne contre nouvelle génération » sont de faux débats. Seule la qualité de l’expression artistique et l’humilité d’apprendre des aînés comptent. Les opérateurs culturels indépendants ne sont pas un problème, ils sont une solution.

En associant la rigueur technologique à l’authenticité de nos cultures, le Up High Lab et le DOMAF continuent de tracer les lignes directrices de l’industrie créative de demain. Le message est clair : mettons ensemble un pied devant l’autre et partageons notre lumière.

Retrouvez l’intégralité de l’interview d’Arnaud Femtchou sur la chaîne YouTube Hansy Bonne Compagnie.